La mise en scène des objets composant le décor est depuis Fallout 3 un des point forts de la série. Le principe est simple, il est d’ailleurs utilisé dans bon nombre d’autres jeux, et permet de donner vie à des lieux virtuels qui en sont sinon souvent dénués.

L’utilisation des squelettes pour donner vie au décor dans Fallout remonte au tout début de la série.

En effet dès le premier volet le jeu montrait clairement, lors de la sortie de l’Abri 13 un personnage mort depuis un certain temps, mais qui porte une tenue l’identifiant comme un autre résidant de l’Abri. Qui vu la position du corps a dû mourir juste avant d’atteindre la porte, donc probablement en revenant d’une mission à l’extérieur. Peut-être était-il blessé mortellement, et les nombreux rats peuplant la caverne dissimulant l’entrée de l’Abri se sont-ils chargés de l’achever ? Mystère.

On ne le saura probablement jamais car les développeurs ont fait le choix d’utiliser ce type de personnages uniquement pour instiller une ambiance. Pour suggérer un événement particulier dont l’endroit ne garde qu’une infime trace, faible indice devant toutefois, quand la scène est réussie, avoir un fort écho dans l’imagination du joueur.

Rien ou presque dans le scénario de chaque Fallout ne vient vraiment expliquer au joueur ce qu’il s’est passé. Presque, car parfois on trouve quand même une note, ou parfois certaines mises en scènes sont plus explicites que d’autres. Ici pour ce premier squelette dans Fallout 1, on apprendra tout au plus qu’il s’agissait d’un individu nommé Ed.

Dès le premier Fallout, dès que l’on sort de l’Abri 13 on croise un autre résidant, n’ayant pas réussi à rejoindre à temps l’Abri. Le superviseur avait omis de préciser que le héros n’était pas le premier envoyé à l’extérieur…

Bethesda a repris ce principe de narration dès Fallout 3 et l’a grandement multiplié, son moteur graphique en 3D étant particulièrement adapté à la réalisation de ce genre de scènes.

Dans Fallout 4, la formule a évidemment été reprise et encore peaufinée, grâce au rendu plus fin du moteur graphique. Vu la taille toujours croissante de la zone jouable, on saluera au passage le travail des développeurs, qui ont dû faire preuve de plus en plus d’imagination pour introduire ces squelettes dans des scènes qui soient à la fois crédibles sans pour autant devenir répétitives.

Fallout 76 étant quasi vide de PNJ avec lesquels interagir autrement que pour combattre, chaque mise en scène prend alors plus d’importance pour le joueur. D’autant plus quand celui-ci est invité à fouiller les moindres recoins d’un pays entier.

Soit pour y trouver des choses utiles pour survivre ou commercer, soit des trésors oubliés pour gagner en pouvoir, soit des échos visuels d’événements lointains pour juste se faire une idée de ce qui a bien pu se passer.

Ces fragments d’histoires vont accentuer une ambiance particulière, typiquement l’indice d’un danger non loin, mais vont aussi souvent ajouter une touche d’humour, Fallout oblige humour noir en général.

Comme ce fut le cas dans les précédents volet de la série, Fallout 76 est rempli de nombreux détails que l’on découvrira plus ou moins au hasard en explorant. Certaines scènes sont simples, pour ne pas dire banales dans le contexte faisant suite à une apocalypse, d’autres scènes sont très amusantes, voire parfois émouvantes. Et elles vous garantiront de jolis moments et souvenirs de vos voyages dans les terres irradiées de Fallout.

Pour le plaisir du coup d’oeil, en voici quelques jolis exemples.

Aux grands maux, les grands remèdes ? L’amputation de la tête soigne de nombreuses maladies, c’est bien connu !
Voici une situation pour le moins originale, vue derrière l’hôtel luxueux de Greenbrier. Ceux qui visitent le lieu constateront qu’à l’intérieur, tout est très propre et très bien entretenu par les nombreux robots. Mais alors, que sont devenus les personnes qui s’étaient réfugiées dans l’hôtel ? Sont-elles toutes parties ? Certaines, peut-être, d’autres, les robots ont a priori fait mécaniquement leur travail. Jetant à la poubelle les corps des clients qui n’ont pu ou voulu quitter les lieux quand un évènement inattendu s’est déclenché. Je ne vous en dis pas plus pour ne pas vous gâcher la surprise.
En observant le reste du décor, on devine souvent les raisons de la mort. Ici au pied du lit, dans la chambre d’un Abri, une boîte de mort aux rats ne laisse quasi aucun doute.

Dans les églises on trouvera des fidèles ayant prié jusqu’au dernier moment. Y compris quand ils ont dû boire ensemble un ultime breuvage. Savaient-ils vraiment ce qu’ils buvaient ?

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