Voilà, après des mois d’attente, et comme pour beaucoup de joueurs, pas mal de questions sur le pari audacieux que fait Bethesda de décliner Fallout en un jeu multijoueurs, j’ai enfin pu essayer la bêta de Fallout 76. Et mon premier sentiment est sans appel, le jeu est superbe. Et sera très probablement à terme une réussite.

 

Superbe visuellement, bien sûr, où à ce niveau il s’inscrit dans la lignée directe de Fallout 4. Avec toutefois des améliorations importantes au niveau de la végétation, c’est ce que l’on voit immédiatement.

Mais Fallout 76 n’est pas que joli, il offre une des choses qui manquaient à Fallout 4, plus d’espace pour déployer l’ambiance satirico-uchronique qui fait le charme de la série.

Je ne parle pas ici de la taille générale de la carte, quatre fois plus grande dans Fallout 76 que celle de Fallout 4, mais plutôt de l’espace attribué à chaque lieu, à chaque site, endroit que l’on va visiter. Je suis très loin d’avoir tout exploré dans le jeu, n’y ayant là joué qu’une soirée, mais Bethesda a indéniablement mieux travaillé la notion de distance et d’échelle.

Ce qui augmente le sentiment d’évoluer dans une très grande région, sans pour autant rendre les déplacements trop longs entre les différentes choses que l’on distingue à l’horizon. Particulièrement dès qu’on prend de la hauteur, depuis une crête en montagne ou une tour de guet.

D’ailleurs pour ces dernières on appréciera une nouvelle fonctionnalité utile, à savoir que du haut d’une tour, on peut scruter le paysage, et ainsi révéler certains sites spéciaux aux alentours. Une fonctionnalité pratique quand on explore, qui incitera à grimper en hauteur pour certes trouver un coffre caché et profiter d’un joli panorama, mais aussi pour obtenir des informations utiles. Je ne sais pas combien de lieux, tours de guet ou autres, permettent cela, mais pour le premier que j’ai trouvé, l’effet était réussi.

En attendant que je puisse plus explorer la carte, pour terminer ici au sujet de l’espace de jeu vous pourrez aisément voir de vous-mêmes parmi les nombreuses vidéos qui circulent ces dernières semaines l’exemple d’une ferme en contrebas de l’Abri 76, endroit qui ressemble mieux à une exploitation agricole, avec champs et dépendances, que ce l’on pouvait voir de similaire dans Fallout 4. Un autre exemple est la petite ville de Flatwood, où le scénario vous invite à aller rapidement, qui sans être très grande, en jeu, est toutefois plus étendue. Et donne donc plus l’impression de traverser une petite ville.

L’ambiance est alors tout de suite plus au rendez-vous.

D’autant plus avec un nombre d’animaux et de plantes qui donne enfin un sens à l’expression nature sauvage. Hormis les monstruosités habituelles, on croisera effectivement pas mal de petits animaux sauvages, allant ci et là, voire se faisant attaquer par d’autres prédateurs.

Pêle-mêle, je suis tombé sur un essaim d’abeilles, qui n’a pas du tout apprécié que je prenne le précieux miel de la ruche, des castors, des écureuils, et je ne sais plus quoi encore. Si, des chats par exemple. Ces animaux sont neutres, portent pour la plupart de fortes traces d’irradiations, et surtout ajoutent une touche de vie supplémentaire au décor.

Un exemple amusant. Alors que je remontais une route quittant Flatwood, je croise deux protectrons en patrouille. Les deux robots ayant l’air pacifique, j’interroge le premier sur son activité ici, aux abords donc de la ville. Le protectron me répond qu’il sécurise la grande route. Très bien, je poursuis mon chemin quand soudain j’entends des tirs de lasers venant des protectrons derrière-moi. Une biche mutante à deux-têtes avait a priori tenté d’entrer dans la ville par cette route, et cet animal mutant n’avait à l’évidence pas les autorisations requises par les robots. La biche est partie en courant dans les bois, et les deux protectrons lui ont emboîtés le pas en tirant à tout va. Poursuivant mon chemin, quelques dizaines de mètres plus loin, je vois une deuxième biche mutante, qui elle s’était cachée dans une anfractuosité sur le bord de la route (du moins c’est l’impression que cela donnait).

Dis ainsi, cette anecdote n’a rien d’exceptionnelle, mais elle reflète bien les petits évènements qui parsèment plus ou moins le jeu. Et, répétons-le, contribue à donner vie au décor.

Donc à améliorer l’ambiance générale.

Rassurez-vous il y a aussi des rat-taupes, des ghoules en maraude, des petites meutes de chiens sauvages, des robots arachnoïdes parachutés par les chinois avant la Grande guerre. Et certainement bien plus au fur et à mesure que l’on s’éloigne de l’abri 76.

On croise aussi des robots neutres, parfois susceptibles de vous venir en aide si des bêtes sauvages vous attaquent. Et il y a au moins un vrai PNJ, un marchand super-mutant qui arpente les routes des Appalaches. J’ai vu au loin son bramhin qui s’éloignait, mais pour cette fois je n’ai pas tenté de le rattraper.

Concernant la flore, même principe que pour la faune, celle-ci est plus variée. Il y a bien plus de types d’herbes sauvages, par exemple, simplement pour diversifier le décor. Mais aussi pour récolter avec des composants utiles pour cuisiner ou se faire des boissons revigorantes. Autre bonne idée du jeu, pour cuisiner, il faut du bois pour alimenter le feu (à moins d’avoir une cuisinière à gaz comme dans l’abri 76), en conséquence on trouve un peu partout du bois mort à ramasser.

On quitte très vite l’Abri 76…
pour déboucher à flanc de montagne…
et découvrir un vaste horizon.
Et de très beaux effets de lumière selon les heures ou la météo.

Certaines plantes ou viandes permettant de préparer des plats très utiles pour obtenir des bonus ou se soigner, la diversité de la flore est un autre détail supplémentaire très appréciable. D’autant plus qu’il ne semble pas indispensable de devoir chasser ou partir à la cueillette pour survivre, sauf probablement si on s’éloigne dans les montagnes…

Comme vous le devinez, la faune et la flore sont deux autres éléments qui ajoutent un plus indéniable à l’ensemble, offrant plus d’options pour qui a envie de jouer avec.

Tout n’est pas parfait certes. Par exemple il y a très peu d’interactions possibles dans l’Abri 76, qui sert vraiment de mini didacticiel, lieu qu’on quittera très vite, par la force des choses vu qu’il n’y a rien à y faire ni à y trouver, à part quelques vagues messages, dont un justifiant vaguement pourquoi tous les habitants de l’abri doivent immédiatement partir.

Dès lors que l’on quitte l’abri, on a le choix entre soit suivre la quête principale, à savoir retrouver la trace de la superviseur, soit de faire ce que l’on veut, et d’aller donc explorer les alentours pour récupérer du matériel. C’est un point plutôt incohérent du jeu, les personnages sont en effet lâchés dans la nature sans rien d’autre que leur combinaison, et des ressources pour établir un campement. Et quelques bricoles.

On commence donc sans armes, avec un peu d’eau et beaucoup de liberté. Évidemment en suivant le fil de la quête principale, on va vite recevoir ou trouver de l’équipement. Mais si l’on prend le temps d’explorer, prudemment, les alentours, on trouvera aussi assez vite de quoi s’équiper, et surtout, se protéger.

La zone de départ, la forêt des Appalaches est globalement peu dangereuse. On y dénichera donc en regardant bien de quoi se nourrir, et récupérer de l’eau. L’eau est devenu un élément essentiel. On se déshydrate facilement, voire même m’a-t-il semblé trop facilement. De fait, il faut récupérer des bouteilles vides, afin de se faire des réserves d’eau sale. Eau polluée qu’il vaut mieux éviter de boire avant, c’est une des nouveautés du jeu, de l’avoir fait bouillir. Ce qui réduit les chances de tomber malade et le taux de radiations. Les bouteilles d’eau purifiée, que l’on trouve parfois, sont donc un bien précieux.

De même que seront utiles les cartes Avantages qui donnent des bonus en terme de survie, comme celle faisant que l’on se déshydrate moins vite. Néanmoins, prévoyez des réserves d’eau, c’est à la fois indispensable pour survivre comme pour cuisiner de nombreux plats.

L’aspect survie du jeu ne m’a pas pour l’instant semblé très difficile. Ce sera probablement un des défauts de Fallout 76, qui, tout comme c’était le cas dans Fallout 4, n’a d’une part pas pour but d’être une simulation précise, mais surtout évite beaucoup d’être trop punitif avec le joueur.

L’avantage étant que l’on se remet assez facilement, et surtout rapidement, d’un mauvais combat ou de mauvaises décisions. Ce qui permet un gameplay assez fluide. L’inconvénient étant que le jeu perd beaucoup en crédibilité. Quand une maladie se soigne en une seconde, qu’une blessure grave comme un membre brisé peut disparaitre en un instant, avec juste une simple “potion”, un Stimpak ou autre, finalement on en arrive à ne plus vraiment craindre de faire une erreur.

On verra à l’usage si Bethesda trouve dans Fallout 76 un meilleur équilibre à ce sujet que dans Fallout 4, qui devenait vite bien trop facile. En tous cas pour l’instant on remarquera que en début de partie, on ne trouve pas facilement des Stimpaks et autres super-médicaments. Et que le studio a eu la bonne idée d’ajouter des variantes dites ‘diluées” de certains médicaments, donc variantes moins efficaces.

C’est probablement une des conséquences du système d’artisanat, qui devrait être un autre des points forts du jeu. L’artisanat dans Fallout 76 devrait permettre de créer de nombreux objets divers, utiles ou décoratifs, dès lors qu’on a trouvé un plan, ou une recette. Les plans se trouvent parfois dans certains endroits mais, et c’est une autre idée intéressante, s’obtiennent aussi en démontant des armes.

Le jeu incite beaucoup à démonter la plupart des objets que l’on ramasse. Ceci afin de récupérer des composants essentiels, soit matière première, soit par exemple des vis, composants qui seront réutilisés par le joueur pour fabriquer, améliorer ou réparer autre chose. Désormais pour améliorer son équipement, il faut au préalable bricoler en démontant plusieurs pièces d’équipements similaires, afin de débloquer telle ou telle amélioration. Un très bon moyen pour inciter le joueur à ne pas stocker à outrance, et à chercher quels objets permettent quelles combinaisons de composants / plans.

La réparation de l’équipement est un autre aspect intéressant du gameplay. Désormais l’équipement se dégrade au fil du temps, et de plus les objets que l’on trouve sont dans un état plus ou moins abîmés. A priori la caractéristique Chance intervient d’ailleurs sur la qualité de ce que l’on trouve.

De fait si l’on va assez facilement trouver beaucoup d’objets divers et variés, on va aussi très rapidement vite les utiliser. Ou conserver les plus rares en attendant de savoir à quoi ils peuvent servir… Pour le joueur qui n’a pas l’envie ou le temps de s’encombrer d’une gestion précise de son équipement, il semble que le système ne soit pas trop contraignant. Les éléments nécessaires de base se trouvent assez facilement. Pour le joueur qui à l’inverse veut développer cet aspect, il semble que le jeu va offrir une belle palette d’options. A nouveau, il faudra voir à l’usage.

Toutefois une chose semble certaine, même si l’interface de gestion de l’inventaire a été améliorée, avec entre autres divers filtres permettant de mieux s’y retrouver quand on commence à avoir accumulé des dizaines d’objets de tous genres, et qu’on cherche un composant précis, pour ci ou ça, cette interface va encore nécessiter, soit pour le joueur de la patience, ou une très bonne connaissance de toutes les composants / objets, soit pour les développeurs de continuer à revoir leur copie.

De l’artisanat découle le commerce, soit avec les quelques PNJs marchands que l’on croisera, soit avec d’autres joueurs. N’ayant pas encore essayé cette dernière option, impossible de vous en parler pour l’instant.

Toutefois dans un registre voisin, il semble que Bethesda ait radicalement diminué le nombre de capsules que l’on trouve. Les caps, l’équivalent des pièces d’or, de la monnaie locale, sont a priori plus rares, et c’est tant mieux. Dans Fallout 4 on en trouvait beaucoup facilement, dans Fallout 76 il faudra vraisemblablement mieux gérer son argent. Donc faire de bons échanges avec ses amis, avant de faire de bonnes ventes avec d’autres joueurs, ou des PNJs.

A nouveau, certaines cartes avantages devraient être pour cela très utiles. Les cartes Avantages, les Perks en VO, devraient être très nombreuses et variées, offrant une fois de plus beaucoup de liberté au joueur pour personnaliser son héros. De plus ces cartes s’obtiennent à chaque niveau, soit en augmentant ses caractéristiques, soit quand on reçoit des paquets de cartes. Certaines cartes peuvent être combinées, pour augmenter leur effet, ou sinon les cartes peuvent être échangées.

On le devine, c’est une sorte de mini-jeu dans le jeu. Bethesda a eu la bonne idée de permettre au joueur de recombiner ses cartes Avantages très facilement, bonne idée car au début on ne sait pas trop ce que l’on va recevoir comme type de cartes / de bonus. Or le nombre de cartes pouvant être actives en même temps est limité par le nombre de points dans chaque caractéristique.

Quelques derniers mots pour conclure cette première partie, je reviendrais par la suite sur de nombreux autres aspects du gameplay. Tout d’abord le jeu est actuellement encore en phase bêta, donc il est difficile de juger beaucoup de choses, particulièrement l’équilibrage, mais aussi l’optimisation. J’ai constaté par moments de forts ralentissements de l’affichage. Ensuite, le gameplay hybride de Fallout 76 ne conviendra probablement pas à tous le monde, mais il devrait satisfaire au moins presque tous ceux ayant apprécié Fallout 4. D’autant plus quand le jeu sera bien rodé. Enfin, et c’est important pour beaucoup de joueurs, j’ai abordé ici le jeu en y jouant “seul”, c’est à dire en ne cherchant pas spécialement à nouer contacts avec les autres joueurs courant plus ou moins dans tous les sens.

Sur ce sujet, tout d’abord ce que disait Bethesda est vrai, vu la taille de la carte, on se retrouve vite quasi seul, avec éventuellement un groupe ou deux passant non loin. Donc mis à part au tout début, à la sortie de l’abri, après les gens se répartissent un peu partout fonction de leurs objectifs. En jouant ainsi, j’ai pu voir que, en l’état, le jeu s’adapte très bien à un style “solo”. Une des conséquences est d’ailleurs que si l’on trouve le jeu trop “facile”, en s’aventurant seul la difficulté monte naturellement d’un bon cran. Il y aura certainement par la suite des passages plus difficiles, lors de certaines missions spéciales.

Mais en préparant bien son personnage, on doit pouvoir envisager de bonnes parties en solo, ponctuées occasionnellement de rencontres avec d’autres joueurs. Cela semble être d’ailleurs un autre des points forts du jeu. Pouvoir y jouer librement, seul ou entre amis, selon les disponibilités de chacun, mais avec le même plaisir de jeu dans les deux cas.

Dernier point, j’ai peu illustré cette première partie faute de temps, mais pour la suite je vous présenterai quelques jolis exemples de situations en jeu, cette fois images à l’appui.

1 COMMENTAIRE

  1. Belle introduction à ce que devrait être le jeu. On voit bien que les choses seront encore pas mal susceptibles d’évoluer dans les mois à venir mais les bases, solides du fait de l’expérience accumulée au fil de la série, semblent déjà prometteuses pour ce qui sera probablement un jeu majeur dans le genre. Ce qui est certain c’est que l’article donne envie de franchir la porte de l’abri sans plus attendre ! ;o)

Laisser un commentaire