Fallout 76 ne plaira pas à tout le monde, c’est indéniable. Mais il est indéniable aussi que Bethesda offre aux amateurs de la série et du genre un jeu bien plus riche qu’il n’y parait. Jeu à la fois jouable en solo et en multi, et dans lequel un gameplay expérimental demande aux joueurs de s’adapter. Tant à certaines contraintes techniques qu’au choix des scénaristes de proposer un vaste cadre dans lequel l’apocalypse a eu, fort logiquement, l’effet escompté : tuer directement et indirectement tous les humains. Sauf quelques heureux élus ayant pu se retrouver dans l’Abri 76. Voici un récit légèrement romancé illustrant une situation très originale et amusante que le jeu permet d’obtenir. Uniquement du fait des choix des joueurs, qui ont déclenché cette cascade d’évènements. Point donc ici de scripts ou autres artifices scénaristiques, mis à part ceux assurant la cohérence globale du jeu.

 

20 octobre 2102. J’étais tranquillement en train de passer un examen d’aptitudes physiques pour rejoindre l’unité d’élite des Firebreathers quand soudain retentit une alarme indiquant l’arrivée imminente d’un missile nucléaire dans mon secteur. Ah ah ! Encore un de ces anciens systèmes qui se détraque, me dis-je.

Qui pourrait bien vouloir atomiser une ville déjà réduite à l’état de ruines et dans laquelle il n’y a plus que quelques gratte-ciels qui, miraculeusement, tiennent encore à moitié debout.

Je ne prêtais donc pas trop attention au court compte à rebours s’affichant sur mon Pip-boy, je voulais surtout en finir avec cette épreuve nécessaire pour que je puisse trouver comment localiser ces pompiers de choc, qui d’après ce que j’avais compris avaient durement lutté contre les hordes de ghoules écorchées. Oui, car je n’avais nulle envie de m’engager chez  ces soldats du feu, quand bien même ils seraient d’ailleurs encore en vie, ce dont je doutais vu le nombre de cadavres que j’avais croisé jusqu’à présent.

Alors que le compte à rebours touchait à sa fin, je me mis par curiosité à scruter le ciel, sait-on jamais. Rien, pas un seul missile nucléaire en vue. J’étais monté de quelques étages, perché sur un balcon, pour observer l’horizon, et non, décidément, rien d’anormal en vue. La journée était belle, le ciel dégagé, j’avais nettoyé le secteur d’une bande de super-mutants en maraude, la fin de la journée promettait d’être d’une banalité routinière.

Que nenni ! Soudain retentit une lourde et puissante explosion, et j’aperçus entre deux buildings ce qui était le sommet d’un champignon atomique !

L’onde de choc suivi d’un anneau de feu avait balayé le ciel crépusculaire. Je restais bouche bée. Quelqu’un avait vraiment lancé un missile nucléaire dans le secteur où j’étais ! Heureusement l’explosion avait eu lieu assez loin de l’autre coté des collines entourant Charleston, et l’ancienne capitale de la Virginie-Occidentale ne fit que frémir légèrement.

J’ouvrais la carte dans mon Pip-boy pour savoir où exactement avait bien pu avoir lieu l’explosion. L’impact était situé pile sur le luxueux complexe hôtelier Greenbrier et les terrains de golf de White Spring qui l’entouraient.

 

Là où soi-disant un bunker gouvernemental était enterré, pour abriter les dirigeants du pays. Quelqu’un voulait-il creuser un trou pour accéder à ce mystérieux bunker ? Ou simplement tenter d’éliminer d’un coup les nombreux robots patrouillant dans le secteur ? Ou alors n’était-ce qu’un pur hasard ? Il fallait que j’en sache plus. Après tout notre superviseur avait bien dit qu’elle cherchait à sécuriser des silos de missiles. Et si c’était elle qui avait réussi à accéder à l’un d’eux ? Mais alors, pourquoi aurait-elle voulu détruire le centre hôtelier ? Je ne savais pas encore bien ce qu’il s’était passé et continuait d’arriver dans cette région, mais peut-être pourrais-je en apprendre plus en allant voir le lieu de l’explosion ?

Par chance j’avais mis la main il y a quelques temps sur une ancienne combinaison de protection contre les radiations. Ce scaphandre était à moitié abîmé, mais encore en assez bon état pour me permettre d’accéder à un endroit à coup sûr bouillonnant de radiations.

Je me mettais immédiatement en route, il ne me faudrait pas très longtemps pour arriver à Greenbrier. Chemin faisant je croisais un robot à moitié perdu, et qui très aimablement insista pour m’offrir un cadeau, que selon lui j’avais gagné. Encore un tas de ferraille dont la programmation a déraillé, mais au moins celui là n’était pas hostile.

Je me retrouvais avec un vieux fusil de chasse et quelques cartouches tandis que le robot reprenais sa route, heureux d’avoir accompli sa désormais futile mission. Dommage que je ne sache pas comment on peut reprogrammer ces machines, j’aurais pourtant bien besoin d’une comme celle-là pour m’épauler.

J’arrivais au bout de quelques heures de marche aux abords du site de l’explosion. Un épais nuages de poussières bloquait entièrement la vue.

 

 

Après avoir installé dans un coin en hauteur un campement de fortune, je me préparais un solide repas et quelques bonnes boissons, vérifiais mes médicaments en cas d’urgence, faisais le point sur mes munitions, puis j’enfilais ma combinaison anti-radiation.

Seul bémol, et de taille, ce vieux scaphandre n’était pas du tout à même de résister à des tirs ou toutes attaques fréquentes de la faune locale. Comme celle de ce chien de chasse mutant qui jaillit soudainement et me bondit dessus alors que je quittais mon campement. Et pourtant je n’avais pas vu l’ombre d’un super-mutant dans le coin. Bizarre !

Qu’à cela ne tienne, aux grands maux, les grands remèdes. J’avais aussi mis la main il y a quelques temps sur une bonne vieille mitrailleuse de calibre 50. Et quelques centaines de cartouches allant avec. L’arme était lourde, peu maniable, mais au moins avec ça je me sentais prêt à affronter n’importe quelle créature que l’explosion aurait pu réveiller.

 

Dès mes premiers pas vers le mur de cendres qui noyait le complexe hôtelier, je tombais sur plusieurs ghoules, qui semblaient plus fortes et résistantes que d’habitude. Vu le nombre je n’eus d’autres choix que de m’enfuir, surtout que je devais économiser mes munitions. Cette expédition commençait à me paraitre plus difficile que je ne le pensais.

Après un bon détour pour éviter le premier nid de ghoules, je parvins à franchir le mur d’enceinte du terrain de golf puis la muraille de cendres qui isolait le secteur, et me retrouvais aussitôt dans un décor infernal. Coupé du soleil, les lieux étaient baignés par une lumière rouge orangée, une sorte d’orage magnéticoradioactif lâchait régulièrement des éclairs dans le ciel et un brouillard persistant gênait beaucoup la vue.

Une fois parcouru quelques dizaines de mètres, je tombais nez à nez avec le cadavre d’une de ces gigantesques chauve-souris démoniaques que j’avais aperçu de très loin, il y a plusieurs jours. La chose gisait sur le sol, heureusement définitivement morte. Pourvu qu’il n’y en ait pas d’autres, et tout irait bien… n’est-ce pas ?

Via mon Pip-boy je détectais la présence dans les alentours d’une demi-douzaine de personnes, très certainement d’autres résidents de l’Abri 76. Peut-être était-ce eux, ou les patrouilles de robots, ou les deux, qui avaient éliminé cette chose démoniaque ?

Si je pouvais les rejoindre, je devrais pouvoir bénéficier de leur assistance en cas de problème. Mais mon radar m’indiquait qu’ils étaient tous vers le centre de l’impact, là où je supposais que les radiations seraient les plus élevées.

Pour commencer je me mis à inspecter les terrains de golf bordant le centre hôtelier. Quelle ne fut pas ma surprise de constater que si l’impact n’avait pas vraiment détruit les bâtiments ni la végétation, cette dernière s’était mise à muter très étrangement.

Je ramassais de nombreux spécimens de plantes afin de pouvoir les étudier plus tard. Depuis ma sortie de l’Abri 76, j’avais en effet découvert de nombreuses recettes de plats et de décoctions très utiles pour se revigorer. Dans toutes ces plantes métamorphosées, j’étais certain de trouver des composants que la Nature ne donne sinon pas souvent. Ce qu’avec ma formation de docteur je devrais pouvoir trouver comment utiliser.

J’avançais très prudemment, et vis rapidement à l’aide de mes jumelles un groupe de plusieurs grosses ghoules luminescentes. Je n’avais encore jamais vu de telles monstruosités, et elles avaient l’air en chasse, bouffies de radiations et redoutablement dangereuses. Toutefois, l’avantage avec les ghoules est qu’elles se comportent de manière assez prévisibles. Attaquant sauvagement à vue. Pas de quoi se laisser effrayer, en s’y prenant bien !

 

 

Si je voulais avancer plus vers le centre du complexe hôtelier, il allait me falloir traverser à découvert de grands terrains de golf, donc il allait me falloir ruser pour éliminer ces nombreuses ghoules qui ne manqueraient pas de me voir, tôt ou tard. Je parvins en leur tirant dessus de loin à en attirer plusieurs vers une brèche du mur d’enceinte non loin derrière moi, où patrouillaient plusieurs robots jardiniers, robots de construction mais aussi robots d’assaut.

Ces machines continuaient mécaniquement leurs tâches d’entretien et de surveillance depuis des décennies, et avaient grandement préservé les lieux de tous les fléaux issus de la guerre.

Les ghoules qui ne me voyaient plus une fois caché un peu plus loin se jetèrent sur les robots, qui n’eurent aucun mal à éliminer ces créatures de cauchemar.

 

Moi 1 – Les monstres 0 !

Le peu de visibilité rendait l’exploration du secteur hasardeuse. En m’avançant vers le centre du complexe je fis la rencontre de deux autres résidents de l’Abri 76, l’un en armure de puissance faisant la vigie sur le toit d’une voiture, l’autre plus légèrement équipé inspectant les alentours. Plus loin vers le coeur du complexe de violents combats étaient en train de se dérouler, avec au moins un autre individu en armure de puissance et de nombreuses ghoules verdâtres.

Je restais pendant un moment avec mes deux comparses qui semblaient amicaux, mais ne pas avoir envie de parler ni d’avancer plus. Il nous fallut repousser les assauts d’une ou deux ghoules luminescentes qui avaient fini par nous remarquer. Après cela les deux comparses décidèrent de rebrousser chemin et je crois quittèrent rapidement le secteur.

Peu après j’eus l’occasion de voir arriver trois autres résidents de l’Abri 76, tous lourdement équipés de puissantes armes et armures, et qui emmenaient avec eux une meute de ghoules verdâtres. Je leur prêtais main forte, car même si mon équipement n’équivalait pas au leur, quelques tirs bien placés s’avéraient utiles pour leur faciliter la tâche. Les trois combattants semblaient très préoccupés par quelque chose qu’ils cherchaient, j’entendais plus ou moins des bribes de leurs conversations, et si je ne les dérangeais pas du tout, ils ne prirent pas le temps de bavarder et repartirent très vite en quête de je ne sais quel objectif.

J’avoue que je ne leur en veut pas, après tout, il y a plus convivial comme endroit pour bavarder avec quelqu’un à moitié égaré comme je l’étais. Et puis la superviseur avait été très claire dans ses instructions, nous devions impérativement nous concentrer sur notre mission d’exploration, de sécurisation et de reconstruction du pays. Dont l’avenir dépendait de nous !

Or vue la taille des Appalaches et l’ampleur de la tâche, effectivement les discussions au coin du feu de bois voire nucléaire allaient attendre un petit peu. Quand on a signé pour survivre à l’apocalypse, pas question de baguenauder une fois qu’on a les pieds en plein dedans ! Surtout quand on croise en plein jour une chauve-souris de la taille d’un Vertibird ! Au boulot !

Aaahh ! Ma tête tournait, je commençais à délirer, voilà que je me mettais à parler seul comme ces pompiers d’élite dont j’avais écouté quelques enregistrements quand je cherchais à savoir ce qu’ils étaient devenus. Le taux de radiation me montait au cerveau, il me fallait reprendre mes esprits, et surtout une bonne dose de Radaway ou j’allais devenir fou. Était-ce comme ça qu’on devenait une ghoule, en perdant ses nerfs et fonçant la tête la première dans une fournaise nucléaire ? Assez !

Je me retrouvais à nouveau seul, aussi je pris le temps de bien délimiter un périmètre où je pourrais me replier si besoin, avant de me ravancer vers les premiers bâtiments.

 

Sans surprise, dans la première villa se trouvait un autre petit groupe de ghoules fluorescentes. Deux ou trois me semblait-il.

Je remis mon précédent plan a exécution, tirant quelques coups de feu pour attirer les monstres à l’extérieur, et me repliant rapidement vers une des portes de l’enceinte, où deux-trois robots montaient la garde.

Tout aurait pu très bien se passer si il n’y avait eu que deux ou trois ghoules bouffies. Et pas huit, neuf ou dix, je ne sais pas, j’ai arrêté de compter une fois qu’elles eurent massacré un robot d’assaut en moins d’une minute ! Et réalisèrent alors que j’étais juste à coté, caché derrière les arbres. J’eus beau tirer plusieurs rafales de mitrailleuse, je ne maitrisais pas assez bien l’arme pour arrêter dans leurs course effrénée de si nombreux et forts ennemis.

 

Après m’être pris plusieurs arbres et murs en pleine face en fuyant plus vite que je pensais en être capable, quand on vous dit que la peur donne des ailles, c’est vrai, après donc avoir couru le plus possible mon entraînement de marathonien me permit effectivement de distancer tant bien que mal plusieurs ghoules, parvenant à en tuer quelques unes plus obstinées, mais non sans de sérieuses difficultés. Heureusement que j’avais un stock de médicaments et autres stimulants pour encaisser les coups et me remettre sur pieds rapidement. D’autant plus que du fait des radiations, ou peut-être après un mauvais coup porté par une ghoule, je vis apparaître sur une de mes blessures d’étranges pustules luminescentes. Je soignais rapidement cela avec quelques antibiotiques.

 

Moi 1 – Les monstres 1 !

 

Dans ma fuite, je finis par arriver à l’ancienne gare située à l’extérieur du complexe hôtelier. Je m’y rendis pour faire une pause et me ravitailler, car il y avait, comme dans toutes les gares, un robot marchand. Au moins là je serais en sécurité.

Nouvelle erreur, un groupe de mineurs dégénérés avait investi le coin, et l’un d’eux arriva par surprise. L’espace d’un instant j’ai eu l’impression qu’il était aussi surpris que moi de me croiser sur le quai de la gare. Heureusement aucun de nous deux n’était enclin au dialogue, et après quelques cartouches de calibre 45 dans le buffet, du mineur, pas de la gare, l’horreur s’effondra dans une suite de borborygmes inintelligibles.

La situation devint bien plus tendue quand un autre mineur mutant arriva en tirant un missile anti-char. Ces dégénérés étaient certes moins costauds que les ghoules fluos, mais eux savaient se servir d’armes de guerre. Par chance, j’étais meilleur tireur, et je parvins à me défaire du petit groupe de mineurs rapidement.

 

Moi 2 – Les monstres 1 !

 

Je pris un peu le temps de souffler puis repartis en direction du coeur du complexe hôtelier. Pendant tout le début de mon périple j’entendais souvent au loin des tirs. Mais désormais tout semblait devenu plus calme. J’arrivais sans trop d’encombres aux portes de l’immense hôtel Greenbrier. L’endroit était lourdement sécurisé par de nombreux robots. Et il n’y avait aucune trace d’autre vie, humaine comme inhumaine.

Par précaution, plutôt que de me risquer seul à l’intérieur de l’hôtel, je décidais de poursuivre mon exploration des abords extérieurs. Tout était bizarrement calme, et je parvins à faire un long tour jusqu’à atteindre ce qui devait être une des portes d’accès d’un bunker souterrain. Porte lourdement blindée, qui toutefois disposait d’un lecteur de carte magnétique encore en état de fonctionnement.

Quelqu’un quelque part avait peut-être encore une telle carte d’accès, mais sans cela, impossible de pénétrer dans le bunker. Je profitais de l’abri qu’offrait l’entrée souterraine pour me reposer un peu, puis je repartis pour terminer mon exploration des abords du complexe.

 

J’étais soulagé de ne plus croiser aucunes créatures infernales, mais tout en avançant toujours avec grande prudence, au détour d’un chemin je me retrouvais nez à nez avec un imposant cerf bicéphale à moitié fluorescent.

Je fus presque surpris quand je vis la créature apparaître en face de moi alors qu’un éclair déchirait le ciel et éclairait fortement toute la forêt et les alentours. Heureusement l’animal n’était pas spécialement hostile. Et il continua tranquillement son chemin, tandis que je poursuivais le mien sans risquer de lui faire peur.

 

C’est à ce moment que je fis la rencontre d’un autre aventurier atomique, lui aussi ancien de l’Abri 76 et lui aussi venu avec une combinaison antiradiation similaire à la mienne. Il se faufilait entre les arbres, raison a priori pour laquelle je ne l’avais pas détecté sur mon radar, et entama une amicale discussion.

Il se demandait jusqu’à quel point l’endroit était risqué, et je lui dis que pour un individu seul, il fallait impérativement éviter les groupes de ghoules verdâtres. Il acquiesça et me rassura en me parlant de son entrainement dans les forces spéciales, qui lui permettait d’être à la fois très discret et très létal si besoin.

Je n’en doutais pas un seul instant, et quand en furetant un peu trop près de villas abandonnées nous vîmes déambuler une ghoule fluorescente, il arriva ce qu’il devait arriver. Confiant en nous-mêmes, comme pour qu’il puisse jauger le potentiel de ces ghoules bouffies, nous en avons attaqué une, en apparence isolée.

Tout dérapa quand les copines de cette ghoule rappliquèrent à toute vitesse, pour nous tailler en pièce. Chacun de nous piqua un sprint dans une direction différente, et je ne revis plus cet autre vagabond solitaire. Il avait dû repartir vers l’extérieur du complexe, car il disait chercher certaines plantes spéciales, dont il avait besoin pour fabriquer je ne sais quoi.

Moi 2 – Les monstres 2 !

Avançant au milieu des jardins jouxtant plusieurs petites villas, je vis soudain au bord d’un parking un gigantesque Deathclaw à la peau d’un noir profond mais parcellée de tâches luminescentes vertes, preuve indéniable d’un animal malade et fortement irradié. Et certainement très susceptible.

Radiations qui ne semblaient pas le gêner plus que cela. Seul devant une telle créature cauchemardesque, je restais largement à distance, et la bête qui semblait chercher quelque chose, probablement un animal à dévorer, s’éloigna sans m’avoir vu dans une direction opposée à la mienne.

Je décidais de mettre un terme à mon exploration et de revenir vers le coeur de l’hôtel, où je serais certainement plus en sécurité vu le nombre de robots y patrouillant. Une fois arrivé sur place, plusieurs ghoules fluorescentes lancèrent une attaque contre les robots jardiniers. C’est là que j’eus une nouvelle idée géniale. Venir à l’aide des robots en lançant une grenade à fragmentation !

Plusieurs éclats touchèrent un véhicule non loin qui commença à s’enflammer aussitôt. Au bout de quelques dizaines de secondes le véhicule explosa, ajoutant une nouvelle touche atomique de plus à l’endroit. Les robots jardiniers n’apprécièrent pas du tout le tableau, à moins que ce ne fut le fait que je piétine allègrement les platebandes auparavant intactes et d’ailleurs très bien entretenues.

Quoiqu’il en soit les robots jardiniers me considérèrent dès lors au même titre que les ghoules. Le problème n’était pas en soi les robots jardiniers, ceux-ci sont obtus, mais fragiles. Non, le problème était que soit je repartais rapidement vers les arbres et les villas, où je craignais que non loin se trouvent d’autres ghoules, voire même le Deatchclaw aperçu peu avant. Soit je m’enfuyais dans la seule autre direction possible, vers l’entrée principale de l’hôtel.

Là où veillaient plusieurs Protectrons et un Sentry bot, machine de guerre aussi redoutable qu’un Deathclaw, de ce qu’on m’avait dit.

Hors les robots de l’entrée venaient eux aussi de me cataloguer comme un intrus. Incroyablement je ne dû mon salut qu’a une nouvelle vague de ghoules verdâtres qui arriva par une étroite voie de service juste sur le coté de l’entrée principale.

Je suppose que les robots me jugèrent moins prioritaires que les ghoules se ruant violemment vers eux.

Et je saisis alors l’occasion pour me précipiter dans les grands escaliers de l’entrée de l’hôtel, et bondir sur un grand balcon adjacent.

Je ne pouvais désormais prendre le risque de me réfugier dans l’hôtel, rempli d’autres robots de service et de police, et il me fallait compter sur l’efficacité du Sentry bot, et la mauvaise mémoire des robots. Si je pouvais rester caché assez longtemps sur le balcon, les robots finiraient bien par s’éloigner, et je pourrais me faufiler entre leurs chemins de patrouille.

Ce nouveau plan génial s’effondra comme un château de cartes quand le Sentry bot sur le parvis déclencha son programme d’autodestruction. Ces robots de guerre sont certes redoutables à distance avec leurs mitrailleuses, mais au corps à corps ils ne font pas le poids face à des ghoules irradiées enragées.

L’explosion du coeur à fusion du Sentry bot souffla plusieurs ghoules et robots Protectrons, mais une fois les flammes dissipées, je constatais qu’il restait encore au moins trois ou quatre ghoules fluorescentes.

J’étais coincé sur mon balcon, ne pouvant risquer que ces ghoules en apparence pataudes mais en fait très rapides se jettent sur moi si je sautais dans les platebandes en bas. Je n’avais plus qu’à attendre, et espérer. Quoi, je ne savais pas.

Moi 2 – Les monstres 3 !

 

Je n’eus pas à attendre longtemps, au bout d’une ou deux minutes, j’entendis du coté du passage de service de violents bruits de combat. En bas de l’escalier il y avait quelques Protectrons revenus de je ne sais où pour renforcer les défenses. Soudain jaillit en bondissant au milieu des robots un individu portant une lourde armure de puissance. Ce vétéran des terres désolées, certainement un de mes anciens compagnons de l’Abri 76, eut tôt fait d’éliminer les robots.

Il regarda dans ma direction, je lui fis un signe amical pour le remercier, mais la communication radio de nos Pip-boy ne passant pas, nous ne purent nous parler, et il repartit aussi vite qu’il était arrivé.

Je descendis prudemment les marches du grand escalier, et pris quelques secondes pour regarder le tas de corps plus ou moins liquéfiés, réduits en charpie, en cendres, ou en bouillie, un peu partout sur le parvis de l’hôtel. Ah, surprise, il y avait les restes d’un Deathclaw au milieu des carcasses de robots. Était-ce celui que j’avais vu précédemment, c’est possible car il semblait partir en direction de l’hôtel.

Je ne pris pas le temps de méditer à l’imbroglio de la situation et me repliais rapidement vers un endroit plus calme où j’étais passé précédemment. Je parvins à atteindre sain et sauf une petite brèche du mur d’enceinte du coté des terrains de golf, et me mis en direction de mon campement de fortune, non loin dans les hauteurs.

Je me croyais enfin à l’abri, mais un groupe de ghoules écorchées probablement elles aussi descendues des collines attirées par l’explosion du missile me prit presque en embuscade. Presque, car j’avais bien vu arriver la première, mais pas du tout les deux suivantes.

Le combat fut plus rude que d’habitude, ces écorchés semblaient très coriaces. Pas comme ceux nombreux que j’avais allégrement envoyé au paradis des zombies depuis ma sortie de l’Abri 76.

Me battant du haut d’une longue falaise, un mauvais coup au corps à corps faillit me faire faire une très mauvaise chute mais je finis par avoir le dernier mot avec ces maudites horreurs.

Moi 3 – Les monstres 3 !

 

Enfin je pu plier bagage et m’en aller au loin dans des collines plus calmes. Tandis que je m’éloignais le nuage de cendres et de radiations qui noyait le complexe hôtelier se dissipa de lui-même. Je jetais alors un dernier regard sur cet endroit qui il y a peu encore était un véritable enfer sur Terre. Et qui semblait redevenu, si ce n’est un paradis, du moins un tombeau endormi.

Après un bon repos j’allais pouvoir me consacrer à l’étude des nombreuses étranges plantes et substances que j’avais ramassé pendant cette expédition très riche en sensations. Je n’étais toutefois pas plus avancé sur ce qui se tramait dans la région, ni sur qui avait pu lancer un tel missile, ni pourquoi. Il allait me falloir reprendre mes investigations, et creuser un peu plus le cas des pompiers de choc nommés les Firebreathers.

Et m’entraîner avant de retourner seul dans un tel enfer atomique !

Pour clôturer cet article, deux précisions importantes. Primo. Vous noterez peut-être une qualité parfois moyenne de certains screenshots, du fait de problèmes d’affichage j’ai dû baisser le niveau des graphismes du jeu entre, grosso modo, Moyen et Haut. Certains défauts visuels ressortent alors plus dans certaines captures d’écrans, mais je vous rassure, en jeu on ne s’en rend pas tant compte que cela. Deuxio. Les évènements lors de cette longue session de jeu s’étant enchaînés assez vite, je n’ai pas pu prendre de belles captures d’écrans avec d’autres joueurs. Même avec la protection relative de quelques joueurs de hauts niveaux (+/- 50) dans le voisinage, comme l’avait dit Bethesda, une telle zone irradiée est très dangereuse. Même pour un personnage de niveau 30 comme celui que je jouais ici.

A noter que comme vous le voyez, le jeu reste tout à fait plaisant même en solo. Il est même alors plus corsé, pour qui veut de la difficulté. Rappelons enfin une fois de plus que Fallout 76 est actuellement en plein rodage, il est tout à fait jouable en l’état, malgré certains défauts parfois très ennuyants (trop peu de PNJ, missions répétitives, bugs et j’en passe), et il devrait évoluer au fil des mois à venir. Y compris avec du contenu supplémentaire gratuit pour offrir plus de mécanismes et surtout d’aventures que l’on espère, Fallout oblige, plus inédites et satiriques les unes que les autres.

3 Commentaires

  1. Quelques incohérences dans le déroulement de ces événements (je ne parle pas des créatures mutantes ;)), comme le fait que bâtiments et arbres soient intacts ou qu’une serrure magnétique fonctionne, après une explosion nucléaire. On est bien dans un jeu malgré tout alors, ça passe 🙂 Aventure cocasse malgré tout et on aimerait bien savoir ce que contient ce fameux bunker et… qui détient le pass magnétique ! Ce que l’on peut noter en revanche c’est la cohérence dans le comportement des IA qui “jouent” leur rôle comme on s’y attend. Dommage que le dialogue entre P.J. semble encore assez problématique ; sur un jeu multi-joueurs coop. c’est certainement frustrant. L’évolution technique de ce titre sera a suivre avec grand intérêt ; si Bethesda peut continuer à le développer selon ses ambitions, cela devrait aboutir rapidement à quelque chose d’assez jouissif. Merci pour ce chouette article qui, en tous cas, éclaire bien certains aspects du jeu. Quant aux graphismes, moi je les trouve plutôt sympa !

    • En effet le moteur graphique ne permet pas de destruction du décor, ni en temps réel, ni à cette échelle. En plus que la zone finisse automatiquement par reprendre son état initial, comme c’est le défaut des MMO. Comme dans tous les jeux, il ne faut pas trop penser à ce genre de détails. En tous cas là l’ambiance était quand même très réussie.

      Pour le bunker c’est je crois une quête à plus haut niveau. Ou alors peut-être une des futures missions qui seront ajoutées.

      Oui, pas besoin de pousser à fond les graphismes pour que ça soit joli quand même, dans l’ensemble.

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